Devoir de mémoire/ Nicéphore Soglo : « L’économie de traite »

« L’accroissement rapide des dépenses publiques observé dès le début de l’indépendance aurait pu être corrigé par une augmentation rapide des recettes publiques. Mais le modèle de développement mis en œuvre pendant les années 1960 n’avait généré aucune croissance de l’économie nationale. Le Dahomey avait en effet mené, au cours de la première décennie de son émancipation politique, une série de politiques économiques dont les objectifs théoriques étaient d’améliorer les performances de l’appareil productif, de faciliter l’accès des populations aux services sociaux de base : santé, éducation, eau …, d’accélérer la croissance du revenu par habitant et de lutter contre la pauvreté. Mais à la fin des années 1960, l’analyse de la situation économique réelle du pays indiquait clairement que ces objectifs n’avaient pas été atteints, et que les espoirs suscités à l’indépendance avaient été cruellement déçus.
À l’indépendance, l’économie béninoise continua à fonctionner selon le modèle de l’économie coloniale : réservoir de matières premières et débouché pour les produits manufacturés de l’ancienne métropole. Cette économie se caractérisait par une prédominance des activités agricoles. L’agriculture dahoméenne restait la principale source de richesse et d’emplois. Elle était peu performante à cause des moyens rudimentaires utilisés par les paysans, ce qui limitait grandement les possibilités d’augmentation de la production et de diversification des cultures.
La production vivrière, fortement auto-consommée, constituait une fraction importante de l’activité agricole avec le sorgho, le mil et l’igname dans le Nord, le maïs, le manioc et la patate dans le Sud, l’igname dans le moyen Dahomey. Les cultures de rente étaient essentiellement d’origine oléagineuse : palmier à huile, cocotier, karité, arachide et ricin. Elles représentaient plus de 90% des exportations en tonnage et plus de 80% en valeur. Le coton comptait alors pour moins de 4% des exportations en valeur et le café/cacao, pour 3%. »
Extrait de la Première partie : Historique d’une région et du Dahomey au Bénin du livre Vers le Miracle Béninois.
« 𝐕𝐞𝐫𝐬 𝐥𝐞 𝐦𝐢𝐫𝐚𝐜𝐥𝐞 𝐛é𝐧𝐢𝐧𝐨𝐢𝐬 : 𝐥’é𝐩𝐫𝐞𝐮𝐯𝐞 𝐝𝐮 𝐩𝐨𝐮𝐯𝐨𝐢𝐫 𝐞𝐭 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐝é𝐦𝐨𝐜𝐫𝐚𝐭𝐢𝐞 », est un véritable témoignage, une réflexion profonde sur la gouvernance et une leçon tirée de l’histoire. Premier président de l’ère du renouveau démocratique, Soglo y partage son parcours, sa vision et les défis qu’il a relevés pour redresser une économie en crise et poser les bases d’un Bénin prospère.